Comment j’ai décidé de partir seule

Partir seule en voyage…

L’idée est partie de la simple constatation que j’avais envie de profiter au maximum de mes vacances pour partir en voyage, mais que je ne trouvais pas toujours quelqu’un pour m’accompagner : mes amis n’ont pas toujours les mêmes dates de vacances, les mêmes pays d’intérêt, le même budget, les mêmes envies… Chaque fois qu’un projet de vacances se dessinait, pour être ensuite annulé par la suite pour l’une de ces raisons, je passais de l’état d’excitation à une grande déception. J’ai donc commencé à y réfléchir : et si je partais seule ? Ça me permettrait de choisir moi-même la période, le pays, le budget, les activités sur place, en somme d’organiser mon propre voyage comme je l’entends…

Oui mais, par la suite sont venues les vraies questions :

Est-ce que je ne vais pas m’ennuyer, toute seule, dans un pays que je ne connais pas ? Qu’est-ce que je ferai, le soir, une fois que j’aurai visité tout ce qu’il y a à voir sur place ? Comment ça sera, de manger seule à chaque repas sans personne pour discuter ?

J’ai pensé aussi que je n’aurai personne avec qui partager mes souvenirs … Avec qui s’exclamer sur la belle vue à tel endroit ? Avec qui être émue d’une situation que j’ai vécue dans telle ville ? Avec qui se  remémorer les rigolades ou les petits échecs lors du voyage ? Je l’ai déjà constaté, montrer des photos et expliquer rétrospectivement, à des personnes qui n’ont pas vu les mêmes choses de leurs propres yeux, ne permet pas tout à fait de partager ses souvenirs : les gens apprécient, mais ont du mal à réaliser la beauté d’un paysage, la hauteur d’une montagne, la particularité d’un monument, ou même l’ambiance des rues d’une ville…

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Dans les vapeurs du volcan Sol de mañana, Salar d’Uyuni, Bolivie

Et en ce qui concerne ma propre sécurité ? Je serai seule sur place : dois-je informer quelqu’un de mon programme précis, au cas où il m’arrive quelque chose ? Et si je me perds, ou ai un accident en voyage, y aura-t-il quelqu’un que je peux appeler ? Ou je devrai me débrouiller seule avec les gens dans le pays  en question ? Dois-je m’arranger pour faire toujours des activités en présence d’autres personnes, pour avoir quelqu’un pour me secourir en cas d’accident ?

Pour toutes ces raisons, l’idée de partir seule en voyage m’a toujours parue un peu abstraite.

Pour moi, les gens qui partaient seuls étaient soit un peu farfelus et aimaient parler à tout le monde de tout et n’importe quoi pour se sentir moins seuls, soit au contraire très solitaires, un peu ‘ours’ et aimaient profiter de cette liberté et cette indépendance.

Malgré tout, j’ai continué à lire beaucoup sur internet à ce sujet, des blogs et articles de personnes qui ont sauté le pas de partir seul(e) et témoignent de leur expérience. J’en ai aussi beaucoup parlé autour de moi, et chaque personne me donnait ses arguments pour et contre, ce qui m’a permis de me poser encore d’autres questions, et de répondre à certaines. Je me suis rendu compte que plusieurs de mes copines se posaient la même question, et envisageaient aussi le voyage en solitaire, voire même l’avaient déjà testé !

Et puis, voilà où j’en suis : maintenant que l’idée a fait son chemin dans ma tête, je n’en suis plus vraiment effrayée, et je suis plutôt curieuse d’essayer.

Emy

Pause dans les rues de Dubrovnik, Croatie

Et si je m’ennuie ? Eh bien tant pis, je m’ennuierai pendant quelques jours et ça me permettra de savoir que ce n’est pas fait pour moi. Autant donc choisir une période pas trop longue, pas la peine non plus de prolonger l’expérience trop longtemps si ça ne me plait pas… Cinq jours ou une semaine, ça parait bien. Il me faut aussi une destination qui me permettra de communiquer avec les gens, qu’ils parlent bien anglais, ou l’une des langues dans lesquelles je suis capable de me débrouiller (espagnol ou allemand).

Et si c’était dangereux ? Pas plus dangereux que d’être seule dans les rues de Bruxelles ou Paris le soir, et puis, je redoublerai de précautions pour éviter d’être isolée, pour informer ma famille d’où je suis et leur donner des nouvelles régulièrement. Je choisirai donc une destination pas trop loin, en Europe, sans décalage horaire (ou presque).

Alors finalement, suis-je plutôt une farfelue bavarde ou une solitaire un peu ourse ?


Un peu des deux je dois dire… C’est pourquoi j’opterai pour une destination qui me permette d’alterner d’une part la ville, ses nombreux contacts humains, son bruit, ses nombreuses activités, et d’autre part la nature, ses paysages qui me permettront de travailler mes capacités photographiques, et son calme…

Ya plus qu’à !

… Après quelques recherches de destinations européennes, en enlevant les villes ou pays que je connaissais déjà, en tenant compte de la période à laquelle j’avais la possibilité de partir, en considérant les prix, j’ai trouvé une destination adaptée à mon rêve initial d’aller voir les aurores boréales en Islande…

J’irai donc chasser les aurores boréales seule, eh oui, mais en Laponie !

Et plus précisément, en Laponie Finlandaise, avec un petit arrêt dans la ville d’Helsinki, que je ne connais pas encore. Après une journée à Helsinki, mon voyage me portera en train et bus jusqu’au fin fond de la Laponie finlandaise, là où le soleil se lève paresseusement pour à peine quelques heures les jours d’hiver, où les rennes et les huskies sont les meilleurs animaux de compagnie, et où les aurores boréales les plus colorées se montrent 200 nuits par an…

C’est parti pour le pays du Père Noël !


Décembre 2016