Pêche sous la glace au lac Inari

Lors de mon voyage en Laponie finlandaise, je suis allée pêcher le poisson sur le lac Inari, une vingtaine de kilomètres au nord d’Ivalo, en traineau à motoneige, avec l’agence Ivalo Safaris.

 

L’un des poissons que j’ai moi-même pêchés !

Markku est venu me chercher le matin à 9h30 et m’a conduite au Ivalo River Camping pour un essayage costaud: malgré tout le shopping que j’ai fait en France et Belgique pour m’armer contre le froid, mes affaires d’hiver ne sont pas suffisantes… Et je dois donc enfiler une polaire supplémentaire, un grosse combinaison type combinaison de motard mais doublée à l’intérieur, une grosse paire supplémentaire de chaussettes de laine et des énormes bottes (2 tailles au-dessus évidemment). Tina, la responsable de l’agence et fille de Markku, me prend rapidement en photo avec tout mon attirail et me tend une énorme paire de moufles, une cagoule, un casque et un bonnet d’inuite !

Me voilà, avec toutes mes couches: sous-pull thermique, polaire 1, polaire 2, combinaison doublée !

On reprend la route pour une vingtaine de minutes jusqu’à ce qu’à un moment, Markku dise ‘End of the road‘ et effectivement, la route s’arrête là, face à la rivière d’Ivalo. On laisse la voiture et en attendant le reste du groupe, qui arrive avec l’autre guide, on prépare les wagons de traineau qui sont rattachés aux 2 motoneiges: il faut sortir des peaux de rennes du coffre et les étendre dans les wagons, prévoir aussi des couvertures pour tout le monde, et faire chauffer les motoneiges. Ben oui parce qu’en fait… en hiver, la rivière Ivalo est complètement gelée, et sert en fait de large route pour les motoneiges, les skieurs, et les promeneurs à pied ou en raquettes ! Aucun risque de percer la glace et de tomber dans l’eau, puisque les gens de là-bas m’ont dit que l’épaisseur de glace approchait les 50 cm…

 

Une fois qu’on est prêts, et comme le reste du groupe n’est toujours pas arrivé… Markku me propose carrément d’essayer la motoneige ! D’abord avec lui, tout prudemment, puis toute seule. Bizarrement, c’était beaucoup plus dur que ce que je pensais ! Il faut accélérer avec le pouce droit mais avec le froid, mon doigt s’engourdit et j’ai même des crampes dans la main. Et puis, j’aurais pu y penser avant, mais en fait, la motoneige… Ça glisse ! Les deux skis fixés à l’avant dérapent un peu sur la poudreuse et c’est difficile de garder le cap. Tout ça fait que je devais avancer vraiment lentement… peut-être seulement 20 km/h ou 30 km/h, c’est dommage, quand on voit comme la vitesse est grisante quand c’est un des guides qui conduit. Malheureusement, je n’ai pas de photo ou de vidéo à partager !

Ça y est, le reste du groupe est là, un groupe de 5 copines chinoises et un couple de Hongkongais que j’ai du mal à tous différencier, étant donné qu’on a tous notre cagoule et notre bonnet d’inuite sur la tête… C’est parti pour l’aventure ! Les motoneiges démarrent, on part le nez au vent car ça va vite, et on suit le cours de la rivière Ivalo jusqu’au lac Inari, balade d’une petite demi-heure interrompue par le passage d’un groupe de rennes sauvages, qu’on observe tranquillement avant de reprendre la… route rivière.

Je ne sais pas comment nos guides reconnaissent leur chemin, mais à un moment ils décident de s’arrêter et de sortir tout le matériel de pêche. pour varier les plaisirs, on est allés sur deux sites différents pour pêcher.

La pêche sous la glace, c’est assez marrant. D’abord, il faut bien percer toute cette épaisseur de glace, et pour ça, nos guides utilisent une sorte de foret géant en forme de spirale d’environ 15 cm de diamètre. Le forêt est relié à une visseuse électrique à batterie ou à un système manuel qu’il faut tourner à la force des bras, et chacun son trou !

Au travers du trou, on peut apercevoir l’eau du lac, très claire et très bonne à boire, d’après nos guides !

Et puis nos deux guides nous donnent nos cannes à pêche, embrochent les petits vers comme appâts sur les crochets, et nous expliquent comment procéder: Il faut dérouler complètement le fil, jusqu’à ce que l’appât touche le fond du lac, puis le ré-enrouler d’environ 20 cm. ensuite, il faut agiter tout doucement la canne pour que l’appât bouge dans l’eau, en attendant qu’un poisson le remarque et se jette dessus !

Au total, j’ai réussi à pêcher trois poissons. Vous aimeriez peut-être savoir quels poissons on pêche dans le lac Inari ? En anglais, les guides nous parlaient de ‘white fish‘ (‘poisson blanc’). Impossible de savoir si c’est le nom d’une race de poisson ou non… En tout cas, tous les poissons que notre groupe a pêchés étaient du même type (à chair blanche effectivement), d’une vingtaine de cm de long, et argentés.

Après peut-être une bonne heure et demie, on commence à avoir faim ! Ça tombe bien parce que le site où nous sommes est à proximité d’une sorte de tipi avec des bancs, où les guides installent le petit barbecue sur traineau qu’on trimballait derrière nos wagons depuis le matin. Il est temps de faire griller nos poissons !

Les guides ont aussi prévu de la soupe (eh oui, je l’ai peut-être déjà dit, mais les finlandais adoooorent la soupe….) aux légumes et au renne. Pour moi bien sûr, pas de soupe ! Mais bon, comme j’en ai l’habitude quand je voyage et que je me retrouve face à des plats exotiques, même si c’est de la viande, j’essaie quand même de goûter… Alors j’ai goûté le renne ! Et de mon humble avis de végétarienne, ça ressemblait quand même très fort à mon souvenir du goût du pot-au-feu…

Après notre bon repas, nous sommes repartis en traineau à motoneige pour rentrer, le temps d’une chouette balade au calme à observer les magnifiques paysages enneigés sous un rayon de soleil comme on ne peut en voir qu’en voyageant autant au Nord…

La pêche sous la glace a été l’une des activités que j’ai préférée en Laponie: le calme, les paysages enneigés me donnaient vraiment l’impression d’être en communion avec la nature, ce que j’attendais fortement de ce voyage: en effet les Saami, les habitants de la Laponie, sont un peuple qui a toujours vécu dans des conditions difficiles en équilibre étroit avec la nature: l’élevage des rennes, à moitié sauvages, la pêche, la chasse, la randonnée et le ski sont des activités qui sont toujours fortement ancrées dans les habitudes et le mode de vie de ces habitants.

A refaire, donc !

INFOS: activité réalisée avec l’agence Ivalo Safaris, 110€, durée 4h30, repas inclus, départ d’Ivalo ou Kakslauttannen


Février 2017