Dès mon premier jour à Ivalo en Laponie finlandaise, je me suis levée aux aurores pour prendre le bus pour Saariselkä: en effet, j’avais rendez-vous à 8h30 pour une activité assez exceptionnelle, qu’on n’a pas vraiment l’habitude de réaliser en Belgique: une promenade en traineau à rennes ! Vous vous imaginez probablement, comme moi, un gros traineau comme celui du Père Noël, six rennes arnachés à l’avant qui galopent, les clochettes partout et la hotte à l’arrière ? Pas du tout! Déjà, les rennes ne sont pas des animaux qui courent vraiment: ils savent courir bien sûr, mais ne sont pas très endurants alors qu’au pas, ils peuvent tirer un traineau pendant beaucoup plus longtemps sans montrer de signe de fatigue. Et puis, les rennes restent des animaux plutôt sauvages, et ils sont difficiles à dresser. Avoir un groupe de rennes attelés au même traineau et marchant parallèlement dans la même direction, c’est quasi mission impossible ! Notre guide Saami nous disait même que le dressage d’un renne pour l’habituer à la présence humaine toute proche, au harnais et au traineau qui le suit, et qu’il soit capable de marcher au pas le long d’un sentier en tirant le traineau, représente deux ans de travail.

Avant de monter dans le traineau, il faut bien s’équiper: en effet ce jour-là, à 8h30 du matin à Saariselkä, au cœur de la Laponie finlandaise, il faisait un bon… -23°C !! Notre guide nous a donc fourni une énorme combinaison doublée en fourrure, qu’on enfile par-dessus tous les autres vêtements (c’est-à-dire mon t-shirt thermique, ma polaire, ma doudoune, mon legging et mon pantalon de ski …), une grosse paire de gants qu’on met aussi par-dessus les gants et sous-gants, et une paire de chaussettes de laine épaisses (à nouveau par-dessus nos propres chaussettes pourtant déjà prévues pour le froid) à mettre dans les bottes qu’il nous prête. Avec tout ça, difficile de bouger, de tourner la tête pour regarder le paysage, de prendre des photos…

Mais c’est normal, une fois qu’on est dans le traineau, on n’en bouge plus, et on se refroidit donc très vite.
Après ça, direction la ‘ferme à rennes‘: je n’ai toujours pas compris ce que les Saami appelaient ‘ferme’ étant donné que les rennes vivent principalement de façon sauvage: ils sont bagués à l’oreille, comme les vaches chez nous, mais sont ensuite relâchés en liberté dans les bois. Lorsqu’un nouveau renne nait, l’éleveur doit le capturer pour le baguer lui-même et le dresser. En fait de ‘ferme’, il y avait donc quelques bâtiments en bois au milieu de la forêt, principalement des sanitaires et un bâtiment de vie avec un feu central pour cuisiner, et une remise avec tout le matériel nécessaire à arnacher les animaux.
Nous voilà donc partis pour une balade dans la forêt, au pas, donc. De quoi apprécier le calme et la beauté des paysages enneigés, d’autant plus que le soleil se montre et filtre entre les arbres. La balade dure environ deux heures, interrompues par une pause café/feu de bois qui nous permet de nous réchauffer un peu, discuter avec notre guide, nourrir les rennes et tester l’épaisseur de neige non-dammée entre les arbres !
Impressionnant, la neige m’arrive à mi-cuisses !
Après la boucle qui nous ramène à la ferme à rennes, nous avons mangé tous ensemble une soupe préparée au feu de bois central de la pièce. Les Finlandais adorent les soupes ! C’était l’occasion de discuter avec les autres touristes du groupe, en particulier un couple d’Américains très sympas qui m’ont proposé de me prendre en photo plusieurs fois pour que je garde des souvenirs. En tout cas cette balade en renne, c’était très relaxant et j’ai bien profité du calme de la forêt, même si j’aurais souhaité quelque chose d’un peu plus sportif, et j’aurais aimé passer plus de temps avec les rennes eux-mêmes.

INFOS: activité réalisée avec l’agence Joiku-Kotsamo, 125€, durée 3h30/4h, repas et café/thé inclus, départ de Saariselkä (rendez-vous devant l’agence Joiku-Kotsamo, descendre devant l’hôtel Holiday Club). Au départ d’Ivalo, il faut prendre un bus Matkahuolto pour 7.4€
Février 2017



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